statues fémininesstatue fémininestatue féminine
Les statues féminines nues, en ivoire, en bois, ou en faïence, déposées dans les tombes, plus qu'un portrait de femme, passent pour figurer le principe féminin qui permet au défunt de garder dans l'au-delà toutes ses fonctions. 
Les concubines présentent un nombre de types assez différents qui ont en commun leurs connotations fortement érotiques, dont témoignent aussi leur nudité, ainsi que l'accentuation du triangle pubien. Les statuettes apparaissent surtout dans les tombes, féminines comme masculines, mais aussi dans les temples, où elles sont probablement déposées en ex-voto à Hathor.
La statue en faïence est peinte. L'artiste a dessiné sur tout le corps, à l'aide d'une encre noire, des losanges, un collier, des bracelets, une ceinture... il a représenté les poils pubiens sur le triangle formé par le pubis. Le triangle pubien est rendu au moyen d'un pointillé suggérant qu'il était rasé, les lèvres du sexe ne sont pas omises. Le croisillon perlé sur la poitrine pourrait être la figuration d'une résille plutôt qu'un nouveau tatouage. Les concubines ont les jambes jointes coupés aux genoux. Toutes les concubines sont représentées "estropiées", sans qu'il soit clair pourquoi, mais la plupart des auteurs pensent qu'il s'agissait de réduire leur mobilité potentielle dans l'univers magique de la tombe. L'abdomen est orné d'une ceinture de coquilles de cauris. Les lèvres du coquillage, de plus, évoquent les lèvres du sexe (concubine de faïence bleue). Les concubines portent par ailleurs souvent des marques qui s'identifient sans doute  à des tatouages, assez rarement attestés dans l'art égyptien. Il s'agit le plus souvent de triangles ou de losanges pointillés, mais d'autres motifs ont également été répertoriés. 
statue féminine en bois aux pouces cassésstatue féminine en bois aux pouces cassésstatue féminine en bois aux pouces cassés
A droite grande statue féminine en bois aux pouces cassés.
La tête est coiffée d'une perruque bouclée qui ressemble a une calotte, elle laisse percevoir les oreilles.
Un collier est peint autour de son cou. Les bras sont rattachés à la statue par des chevilles qui sont apparentes.
statue féminine en bois aux pouces cassésstatue féminine en bois aux pouces cassésstatue féminine en bois aux pouces cassés
La grande statue féminine a les pouces cassés, elle est parée de bijoux peints, elle était en réalité revêtu d'une cape de lin qui fut perdue au moment de la trouvaille. Les poignets sont ornés de bracelets peints, le triangle pubien est bien interprété.
statue féminine en bois aux pouces cassés
Les pieds de la statue, qui reposent sur un socle en bois, sont  joints. Les chevilles de la statue féminine sont ornés de périscélides.
Statues en bois d'acaciaLe monarque Hâpidjéfaï Le monarque Hâpidjéfaï
Statues en bois dans le sens de la marche, pied gauche en avant.
Sous les premiers pharaons du Moyen Empire, les monarques: gouverneurs d'un nome, qui exercent des pouvoirs étendus se font enterrer en grande pompe dans leur lieu d'origine.
Les statues provenant d'Assiout, en Moyenne Égypte, aux noms du chancelier Nakhti et du monarque Hâpidjéfaï sous Sésostris Ier, marquent le mesure de leur importance. Taillées toutes deux dans l'acacia.
La statue du monarque Hâpidjéfaï est complétée avec des pièces d'assemblage pour combler les nœuds du bois. Elle était entièrement recouverte d'enduit et de peinture.
Le monarque Hâpidjéfaï Le monarque Hâpidjéfaï chancelier Nakhti
Le monarque Hâpidjéfaï est posé sur un socle en bois, la jambe gauche avancée, le bras gauche devait tenir un bâton, le bras droit est en mouvement. Placés dans les niches de la tombe pour être habitées par l'âme du défunt, les statues recevaient un culte funéraire, qui, selon les textes gravées dans la tombe de Hâpidjéfaï, était entretenu par des fondations liées par des contrats juridiques.
chancelier Nakhtichancelier Nakhtichancelier Nakhti
La statue du chancelier Nakhti, taillée dans l'acacia, garde la raideur du tronc de bois. Datant de l'extrême fin de la Première Période intermédiaire ou des débuts du Moyen Empire, les tombes d'Assiout illustrent les coutumes funéraires des Égyptiens de ces temps troubles, marqués par des changements politiques et culturels qui secouèrent le pays en entre 2200 et 2000 avant J.-C.
La tombe du chancelier Nakhti, qui était constituée d'une chapelle et de quatre puits, renfermait, outre la momie de Nakhti couchée dans son double sarcophage, une vingtaine de statues et statuettes en bois. 
Sans son socle, la statue mesure 1,61 m de haut, elle sculptée dans un tronc unique d'acacia, sans aucune pièce rapportée. Elle s'encastre dans un socle rectangulaire, sur lequel a été gravée l'inscription suivante: "le bienheureux auprès d'Osiris, seigneur de l'Occident dans toutes les places, le chancelier Nakhti, excellent". Une peinture rougeâtre revêtait la statue qui est vêtu d'un long pagne qu'il retient sur le côté, de sa main droite.
La porteuse d'augeLa porteuse d'augeLa porteuse d'auge
La porteuse d'auge.
Le registre inférieur des chapelles des mastabas est, traditionnellement, décoré de ce que les égyptologues ont appelé les "défilés des domaines funéraires", désignant ainsi les processions de femmes, lourdement chargées d'offrandes de toutes sortes et marchant d'un bon pas vers la stèle fausse-porte de la chapelle pour approvisionner le culte du défunt. Ces femmes sont les personnifications des domaines agricoles du mort qui espère que ses descendants continueront d'exploiter ses terres pour y puiser les provisions nécessaires à son culte funéraire.
La célèbre porteuse d'auge n'est autre que la transposition en rond-bosse de ces personnifications féminines des domaines, lorsque les Égyptiens remplacèrent par des modèles en bois les décors peints ou gravés dans les tombes. La porteuse d'auge du musée du Louvre est élégante, sa délicatesse et sa distinction la mette au premier rang des grands modèles du Moyen Empire. Elle maintient le panier, qu'elle a sur la tête, de sa main gauche. On imagine ce denier plein à ras bord, au point qu'il a fallu poser sur le couvercle une cuisse de bœuf qui ne trouvait pas place dans l'auge. De sa main droite, elle tient fermement une aiguière. Cette offrande est rare: les autres modèles comparables tiennent un canard par les ailes. Les épaules sont minces; la poitrine est ferme et haute. La tête est coiffée d'une perruque courte et enveloppante , pour seul bijou, elle porte autour du cou un collier ousekh, large collier de perles assemblées sur plusieurs rangs, qui met en valeur son cou dégagé.
La porteuse d'augeLa porteuse d'auge
Tels ses ancêtres des mastabas, elle avance, le pied gauche en avant. Le modelé du corps est parfais, tout à la fois svelte, jeune, racé. La taille fine est bien marquée, sur des hanches rondes et pleines. Les jambes que l'on devine sous la robe sont élancées et souples. Sa robe est une tunique longue et moulante, retenue sous ses seins par deux bretelles qui passent sur la poitrine. Elle est décorée d'une résille dont le charmant motif imite le plumage régulier d'un oiseau.
Stèle de Horstèlesstèles
Les stèles, le plus souvent dressées comme des pancartes, affichent avec ostentation l'image du défunt seul devant une table d'offrandes bien chargée.
stèlesstèlesstèles
La composition très ordonnée résume l'essentiel: le défunt est debout comme une statue ou les mains levés en prière, les victuailles sont rangées par série, enfin est inscrite la formule d'offrande, parfois complétée d'un "appel aux vivants".
Cet "appel aux vivants", qui assure, par magie imitative, la nourriture pou l'éternité.