Papyrus du "Livre des Morts"Papyrus du "Livre des Morts"Papyrus du "Livre des Morts"
Papyrus du "Livre des Morts", le Livre de l'Amdouat.
La douzième et dernière heure de la course de Rê clôt le processus de régénération. Assimilées à la création, c'est à dire à la "première fois", plusieurs divinités primordiales assistent à cet épisode.
Le registre inférieur commence par quatre divinités primordiales qui prient, vénèrent et réconfortent le dieu Osiris couché dans la Douat. Ce dernier reste naturellement dans le monde des morts, qu'il préside. Le registre de dessus illustre, à ce moment crucial, le miracle de la régénération du soleil. Le serpent géant nommé "le Ka qui donne la vie aux dieux", est alors l'entité symbolique à dans laquelle se régénère le dieu solaire. Dans l'heure précédent il était porté sur la tête de douze divinités masculines. Ce serpent "vit du murmure des bienheureux qui sont dans sa colonne vertébrale et qui sortent de sa gueule chaque jour". Neuf déesses et neuf dieux halent la barque au moyen d'une corde. Le dieu Chou dont les bras soulèvent le soleil matinal (le scarabée) haut dans le ciel tout en scellant la Douat. Il marque ainsi la frontière entre ciel et terre.
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La renaissance du soleil à la fin de la nuit: la barque du dieu est halée sur le corps du serpent appelé "Vie des dieux". Alors que la dépouille du dieu, momiforme à l'instar d'Osiris, gît à l'extrémité inférieure, le scarabée, forme matinale du soleil, s'apprête à sortir du monde souterrain. La suite, des vignettes du papyrus, nous montre le dieu Rê naviguant sur la barque. Le dieu, positionné au centre de l'embarcation, est protégé par le serpent Méhen. La course nocturne du soleil est représentée sous la forme d'un dieu à tête de bélier, il est accompagné de divinités: Isis, Nephthys, Sia, Hathor, Horus, Hou, Oupouaout...
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De nombreuses divinités accompagnent la course nocturne du soleil.
De nombreux serpents, de formes et de taille différentes, sont figurés sur ce papyrus.
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De même l'on trouve plusieurs représentation du scarabée Khépri.
La douzième heure de l'Amdouat appelée: "qui voit la perfection de Rê" témoigne du miracle de la renaissance, alors que les dieux halent la barque du dieu soleil à travers le corps d'un gros serpent onduleux, appelé "vie des dieux". Ce papyrus du Livre de l'Amdouat retrace, avec des raccourcis, les douze sections qui correspondent aux douze heures de la nuit. Le voyage s'effectue au cours de ces douze heures nocturnes. A la fin du jour, l'astre décline, disparaissant du champ de visibilité de l'œil. Pour les Egyptiens de l'antiquité, il s'enfonce alors dans les profondeurs d'un autre monde, un monde qu'ils nommaient: Douat. 

Le voyage nocturne en tant que tel ne débute toutefois pas à cet instant précis. En effet, "avant le moment où commencent les ténèbres épaisses, il y a un instant qui n'est plus le jour et qui n'est pas encore la nuit. Ce crépuscule, où le soleil, déjà disparu de l'horizon, ne répand plus sur la terre qu'une légère lueur, les Egyptiens en ont fait une première étape de la course au travers des enfers, une sorte d'antichambre où le dieu se transforme". (G. Jéquier, Le Livre de ce qu'il y a dans l'Hadès, Paris 1894, p. 39)
Pour pour plus d'informations je vous recommande "Le Livre de L'Amdouat, éditions établie et traduite par François Schuler, préface de Youri Volokhine. Collection Merveilleux N° 27.

Le scarabée Le scarabée Le scarabée

Le scarabée
Deux espèces de scarabées figuraient en Égypte, une seule subsiste dans la vallée du Nil aujourd’hui.

Le scarabée égyptien est de taille assez grande (20-40 mm), il est  noir luisant. La deuxième espèce devait figurer en Haute Égypte, elle est d’une couleur vert métallique à reflets dorés et se situe de nos jours en Nubie et en Afrique Orientale. L’identité de ces deux espèces nous est fournie par la précision, la finesse de certaines figurations ainsi que la découverte de spécimens «momifiés». 

Le scarabée Le scarabée

Dés la première dynastie (3000 avant J.C) l’insecte possédait déjà une importance culturelle. En effet l’on a retrouvé une petite boite en albâtre d’une longueur de 4 cm façonnée à l’image du scarabée, cette boite pouvait contenir l’insecte et être suspendu au cou. Le scarabée est un coléoptère coprophage qui fabrique et roule des boulettes d’excrément; naturellement associé aux bouses dont il vit on lui donne le nom vulgaire  de «bousier». L’action de pétrir sa boule qui donnera la vie est un acte réalisé également par le dieu bélier Khnoum, dieu créateur de la vie, générateur des espèces vivantes modelant sur son tour l’œuf dont toute vie doit sortir. Le scarabée fut donc lui aussi considère comme étant créateur de la vie.

En Égypte la symbolique du scarabée a connu un remarquable développement.
Le scarabée est aussi un insecte volant ce qui le met en rapport avec toute la gent volatile et comme les oiseaux il occupa une place importante dans la mythologie égyptienne. Comme dans la plupart des traditions le vol est en rapport avec le ciel, donc avec le séjour des dieux. La boule du scarabée était appelée par les Égyptiens «Nehepet» ou «Nehepou», ce mot a pour racine nehep qui signifie, tour de potier. Une fois la boule confectionnée celle-ci est détachée de la bouse et l’insecte adopte une attitude et une démarche particulière pour la pousser sur une courte distance. Il progresse à reculons poussant la boule à l’aide de ses pattes postérieures ayant ainsi l’arrière corps plus haut que la tête. Les Égyptiens dessinaient la boule du bousier comme le soleil, c’est à dire à l’aide d’un disque, d’un cercle.
Le cercle et la sphère n’ont cessé de fasciner les hommes, leurs donnant toute une symbolique lié à la vie, à la mort, à l’éternité..., pour les anciens Égyptiens la principale peur était probablement le retour au chaos initial. Ce chaos, d’où les dieux avaient fait surgir le monde vivant et organisé, restait cantonné aux limites de ce monde, pouvant à chaque instant prendre le dessus si la Maât n’était pas respectée. Pour éviter ce retour du chaos une seule solution: le maintien de l’ordre, de la Maât.

Si le scarabée a revêtu une telle ferveur, c’est qu’une de ses fonctions principales, était liée à l’ordre. En effet cet insecte à partir d’une masse amorphe, la bouse, il fabrique un objet organisé, rond, une boule régulière semblable par sa forme au soleil.

            - Il est actif au petit matin, au soleil levant,

            - la bouse séchée sert de combustible donnant un lien avec le feu et la chaleur solaire. Tous ces éléments ne pouvaient que faire de cet insecte un dieu solaire.

Les ancêtres lointains avaient nommé «kheper» cet insecte, or quand vint l’écriture le scarabée fut bien utile pour noter un terme aussi abstrait et complexe que  «venir à l’existence» (= kheper). Pour les anciens « venir à l’existence », « être » et « devenir » furent associé aux idées de génération spontanée et de renouvellement dont le scarabée était étroitement associé. L’enfouissement en terre de la boule après creusement d’un puits oblique et d’une chambre souterraine, donna au scarabée une nature en partie chthonienne. Le scarabée était considère n’être que mâle par les anciens Égyptiens et par plusieurs auteurs de l’antiquité tardive comme Horus Apollon (Grec), Esebé de Cesarée, Plutarque... Dans le chapitre 167 du «Livre des Morts», chapitre qui est une «Formule pour empêcher que le corps de l’homme ne périsse dans l’empire des morts», il est écrit concernant le dieu Amon:

                        «... O Amon, scarabée mâle, maître des deux yeux sacrés...»

Pour les anciens cette boule pétrie était l’œuf où l’insecte y dépose sa semence, laquelle se transformait en jeune scarabée. Le scarabée est aussi lié au sphinx, lion à tête humaine, comme le sphinx de Guiza appelé «la grande statue de Khépri». Du Nouvel Empire l’on connaît des «scarabées de cœur» en forme de sphinx avec des pattes ou des bras humains et tête humaine. Le lion est un animal solaire au même titre que le scarabée. Sur la stèle érigée devant le sphinx de Guiza le roi se qualifie de «héritier excellent de Khépri» reprenant le titre de «fils de Khépri» que se donnaient les pharaons de l’Ancien Empire. Donc, à l’Ancien Empire Khépri apparaît comme le dieu solaire tout au long de sa course, ce rôle sera modifié par la suite. Khépri devient un dieu primordial; un démiurge qui s’est lui même créé, dans les textes des pyramides il est dit:

                        «salut à toi Khépri. Celui qui est venu à l’existence par lui même. Tu viens à l’existence en ce tien nom de Khépri»

Les croyances se modifièrent avec le temps sous l’impulsion des divers clergés, Khépri perdit aussi de son individualité pour ne plus être qu’un des aspects, un des « khéperou » du dieu solaire Rê (Amon par la suite). A la même époque que Khépri et également à Héliopolis apparaît Atoum, il était à l’origine un dieu chthonien. De dieu chthonien Atoum acquit un caractère solaire et son assimilation à Khépri fut faite pour devenir Atoum-Khépri. Dans les textes des pyramides il est dit:

                        «Atoum-Khépri tu as culminé sur la butte...».

Par la filiation Atoum-Khépri est très proche d’Osiris mais également par le mythe. Lorsqu’on découvrit la tête d’Osiris à Abydos un scarabée en sortit. Abydos porte le nom de «ville du scarabée», à Edfou un sanctuaire d’Osiris était appelé, «le château du scarabée».

Dés les textes des pyramides il y a une assimilation entre le pilier «djed» et le scarabée :

                        «puisse tu vivre comme le scarabée, stable comme le pilier djed»

Osiris tué par Seth fut dépecé en 14 morceaux et ceux ci éparpillés à travers l’Égypte. Le nombre 14 est en rapport avec les cycles lunaires, 14 est égal à une demi-lunaison, 28 évoque aussi le cycle mensuel féminin. La pharmacopée égyptienne utilisait le scarabée dans le traitement des maladies féminines ou pour aider à l’accouchement, ce qui était en parfaite harmonie avec la connotation de (re)naissance. Le démembrement naturel du scarabée se compose de 14 parties : la tête, le prothoron, le méso-métathorax, l’abdomen, les deux élytres, les deux ailes et les six pattes.

Après avoir enfoui la boule dans la chambre funéraire, celle ci va avoir deux destinées : elle servira à la ponte puis deviendra nourriture de la larve qui se transformera en scarabée. Lorsque le scarabée mange une partie de la boule nous assistons à un phénomène qui n’était pas passé inaperçu pour les anciens Égyptiens. Tout en mangeant, le scarabée rejette par l’arrière une substance noire, semblable à une cordelette. Les Égyptiens ont quelques fois représentées à l’arrière du scarabée le signe «chen» ou «chenou». C'est une cordelette repliée en forme de boucle, ce signe en s’allongeant donnera le cartouche où s’y inscriront les noms et prénoms du roi, ou le nom des dieux.

Si Khépri à l’Ancien Empire apparut comme un dieu solaire tout au long de sa course, son rôle évoluera pour devenir uniquement le soleil naissant. Dans la course nocturne le soleil est Atoum, Khépri au matin et Rê dans la couse diurne. Le culte de Khépri à toujours était célébré, il est figuré dans la tombe de Ramsès Ier et de Nefertari sous la forme d’un homme dont la tête est remplacée par un scarabée tout entier. Des milliers de scarabées de diverses tailles garnissent les vitrines des musées, des scarabées colossaux furent édifiés dont le plus connu aujourd’hui est celui d’Amenophis III prés du lac sacré à Karnak. De nombreux pharaons possèdent le scarabée dans leur deuxième nom, il exprime une manifestation : Kamosé, les Amenophis, les Thoutmosis, Akhénaton, Toutankhamon ainsi que des pharaons de la XXIe dynastie.

Le chapitre 30B du «Livre des Morts» nous expose une formule afin que le cœur du défunt ne s’oppose à lui dans l’empire des morts. Cette formule est quelquefois gravée sur un scarabée de cœur en néphrite, par sa fonction l’objet devient ici une amulette protectrice, un talisman funéraire. On rencontre aussi le scarabée sous forme de pectoral flanqué des ailes du faucon, il était placé sur la momie et porte généralement le chapitre 30B du «Livre des Morts».

Statuettes du dieu Osiris
Statuettes du dieu Osiris.
Les statuettes retrouvées, qui évoquent le dieu Osiris, doivent se compter par millier.
Statuettes du dieu OsirisStatuettes du dieu Osiris
L'histoire du dieu Osiris est à la fois une histoire divine et une histoire très humaine. Pleine de promesses pour les hommes, inévitablement condamnés à mourir, son épopée est aussi une histoire d'amour: celle de sa femme Isis. 
Et si les mythes qui le concerne abordent essentiellement les rives du monde des morts, dont il est le souverain, c'est bien de vie et de renaissance dont ce dieu nous parle.