La chapelle du mastaba d'AkhethétepLa chapelle du mastaba d'Akhethétepl'architrave
La chapelle du mastaba d'Akhethetep provient de Saqqarah. 
Elle appartient à un complexe funéraire, toujours fouillé par le musée du Louvre, qui est situé en bordure de la chaussée  du pharaon Ounas. 
En dépit des 17 titres qu'il s'octroie dans les inscriptions de sa chapelle, Akhethetep conserve un certain mystère: on ne sait pas à quelle époque précise il vivait, probablement à la Ve dynastie, et qui étaient son épouse et ses parents. Seuls trois de ses fils sont mentionnés: Séânkhouptah, Râkhouef, médecin chef, et Akhethetep, inspecteur des médecins. Son nom, qui signifie selon les chercheurs "le Dieu de l'Horizon est parfait" ou "L'œil d'Horus est préservé", est courant : on lui connaît plusieurs homonymes à Saqqara. Ses titres, peu significatifs, indiquent son rang et sa qualité de courtisan royal. Il exerçait quelques prêtrises liées au monde médical.
De Saqqarah au musée du Louvre
Le mastaba d'Akhethepep et la chapelle
http://www.saqqara.culture.gouv.fr
Le mastaba d'A
khethepep, une chapelle funéraire de l'Ancien Empire de Christiane Ziegler: Réunion des Musées nationaux.

Le mastaba est une tombe caractéristique de l'Ancien Empire. ce nom lui a été donné en raison de sa forme massive, trapue et talutée. D'origine arabe, le mot MASTABA signifie banc, banquette. Cette forme architecturale est connue dès la première dynastie, période thinite. Les sépultures royales vont avoir la forme du mastaba. Nous les trouvons à Saqqarah et à Abydos.
Le mastaba comporte deux parties:  
- une superstructure en brique, au-dessus du sol, avec chambre pour les offrandes.
- un infrastructure, comportant le caveau et les appartements funéraires.
Les mastabas peuvent être très complexes puisqu'il est possible de trouver des barques dans la superstructure. Ce rite se perpétua à côté des pyramides. Il pouvait y avoir aussi un simulacre de bâtiments. Certains possèdent des niches tout au long de leur superstructure. La construction comporte toujours un monticule de sable au centre de celle-ci maintenu par un coffrage. Cela laisse à supposer que, peut-être à l'origine, le mastaba était dans un tas de sable ou de pierres élevées dans la préhistoire, au-dessus des tombes les plus importantes pour en signaler l'emplacement. Ceci reste bien sur une hypothèse. 

l'architraveArchitrave gravée de textesArchitrave gravée de textes
Au deuxième et troisième dynastie, cette construction continue mais, la superstructure est en maçonnerie pleine, sans chambre à l'intérieur, non encore bâtie et édifiée en "blocaille". C'est à dire avec des pierres de tout venant et de toutes tailles. Deux retraits apparaissent aux deux extrémités de la façade Est. Celui du côté Sud, plus important et pouvant avoir une niche contenant une fausse-porte. Le décor architectural se simplifie puisqu'il ne comporte plus de niche tout autour comme à l'époque précédente. La superstructure prend en même temps de l'importance. Dans le retrait, on peut trouver une chapelle avec un serdâb, salle aveugle avec une ou plusieurs statues. A la fin de cette époque, un décor vient orner la superstructure. Celui-ci peut-être dans la chapelle ou dans les corridors qui longent le mastaba. Ce type de sépulture n'est plus réservé au tombes royales, il est adopté par les grands personnages et les courtisans. 
L'infrastructure devient de plus en plus complexe avec plusieurs salles. Le défunt, en général, repose dans la pièce centrale du caveau. Quant aux salles latérales, elles accueillent les offrandes. Les appartements funéraires étaient conçus comme une véritable maison pour l'éternité. D'ailleurs, l'un des aspects des mastabas est d'être décoré de scènes de la vie quotidienne, allusion à un lieu de vie, ce que sont déjà les mastabas de la deuxième dynastie. 
L'accès à cette infrastructure se fait par un puits et par une rampe qui se rejoignent avant le caveau. Il arrive que les puits soient sur plusieurs niveaux en recevant plusieurs membres de la famille. Il y a autour des mastabas des grands personnages des tombes plus modestes.
Sous la quatrième dynastie nous trouvons des mastabas en brique, mais à cette époque apparaissent ceux qui comportent de la pierre. Ceux-ci finiront par se généraliser, la pierre est tout autour du caveau, dans l'infrastructure avec un parement de calcaire. 
Sous la cinquième dynastie, l'évolution est plus rapide. La tombe s'agrandit de plus en plus, il y a une multiplication de salles occupant un volume important.
A la fin de la cinquième et au cours de la sixième dynastie, les chapelles se compliquent. Des salles se greffent autour du noyau central, il est difficile de retrouver la structure du départ. La partie la plus importante se situe dans les niches du fond. La principale est réservée au propriétaire et l'autre plus petite à son épouse ou au fils. Autour de cette pièce principale va s'organiser la décoration. C'est dans cette pièce que se situe la table d'offrandes. Derrière la fausse-porte il peut y avoir un serdâb contenant la statue représentant le ka du défunt, à qui sont faites les offrandes. Qu'il y ait un serdâb ou pas, cette pièce reçoit les offrandes car le défunt y est toujours présent. Il est figuré sur la stèle fausse-porte, il est représenté assis recevant les offrandes. 
La décoration extérieure de la chapelle se situe dès l'entrée.
L'on y trouve en général une représentation du propriétaire de la tombe de part et d'autre de la porte d'entrée. La chapelle d'Akhethetep ne comporte, pour toute décoration extérieure, qu'une architrave gravée de textes hiéroglyphiques. Sur cette architrave l'on y trouve une inscription en trois lignes qui énonçait en beaux hiéroglyphes les formules funéraires consacrées, le nom du propriétaire de la tombe et la suite impressionnante de ses titres. Le nom d'Akhethetep a aujourd'hui disparu, il y figurait sans doute aussi l'image du défunt complétant l'inscription comme un large déterminatif.
Architrave gravée de textesArchitrave gravée de textesArchitrave gravée de textes
L'on peut lire sur l'architrave: Ligne 1 "Une offrande que donnent le roi et Anubis, chef du pavillon divin, qu'il puisse être enterré dans la nécropole du désert occidental, qu'il vieillisse parfaitement bien auprès du dieu, le bienheureux auprès du grand dieu, ami unique, ima-â, héqat-â, prêtre d'Horus imy-chénout". Ligne 2 "Une offrande que donne Anubis, chef de la terre sacrée, qu'il parcoure les bons chemins que parcourent les bienheureux, parfaitement en paix auprès du grand dieu, le prêtre ritualiste, grand des des dizaines du Sud, directeur des deux trônes, supérieur des chefs". 
Architrave gravée de textesle cylindrele cylindre
Ligne 3 "une offrande que donne Anubis chef des Occidentaux dans toutes ses places, qu'il puisse être enterré dans la nécropole comme bienheureux auprès de son dieu, l'ami secrétaire de la maison du main, prêtre de Chnoum dans toutes ses places".
L'embrasure de la porte est surmontée d'un cylindre.
 Le cylindre symbolise la natte enroulée qui  permettait de fermer l'entrée des maisons.
L'inscription du "rouleau", comme le nomme les égyptologues, contient le nom du propriétaire de la tombe. Cette inscription est gravée, tout comme l'architrave, dans le relief "dans le creux". Ce style de gravure est attesté dès le règne de Khéops, il n'est utilisé ici que pour le décor extérieur. Le texte est présenté sur deux lignes horizontales qui se lisent de droite vers la gauche. Le nom du propriétaire, "Akhethetep", écrit à l'extrême gauche occupe les deux lignes.
le cylindrele cylindreL'étroit corridor
Ce nom est représenté par l'ibis à aigrette (ibis comata) et par les trois hiéroglyphes qui servent à écrire hetep (ou hotep) 
Première ligne: "L'ima-â, ami unique, secrétaire de la maison du matin,
deuxième ligne: "d'Anubis, prêtre d'Horus imy chénout, prêtre de Héka, Akhethetep
L'étroit corridorL'étroit corridorL'étroit corridor
L'étroit corridor qui donne accès à la chapelle est décoré de fins reliefs qui illustrent les funérailles d'Akhethetep.
A droite les statues du défunt sont transportées dans la tombe; à gauche, ce sont les étoffes. L'image du défunt accompagné de ses deux fils occupe la moitié droite de la paroi. Debout, une longue canne dans la main droite, un "mouchoir", dans l'autre, Akhethetep est tourné en direction de la chapelle. Le visage est encadré par une longue perruque à fines mèches parallèles, une courte barbe orne le menton. Le torse est ceint d'un baudrier, le pagne orné d'un devanteau. 
Deux petits personnages presque identiques sont figurés à ses pieds, les inscriptions nous donnent l'identité des deux hommes; ce sont les fils du défunt. Devant la grande image du défunt est représentée le transport des statues qui seront exposées dans la chapelle ou reléguées dans la pénombre du serdab. La petite troupe, qui halent les statues posées sur un traîneau, se dirige vers l'intérieur du mastaba. Les statues sont encensées par un personnage, des danseurs ouvrent la procession. Tout les reste du décor illustre l'offrande alimentaire.
L'étroit corridorL'étroit corridorL'étroit corridor
Le côté gauche du couloir représente le défunt installé sur tabouret qu'un coussin rend plus confortable. Akhethepet accueille les visiteurs, il est orienté vers l'entrée du mastaba. Le registre supérieur nous montre trois hommes qui apportent des étoffes au défunt. Les étoffes sont rangées dans un grand coffre fermé par un lien et porté par sur un brancard. Dans le registre suivant deux scribes comptabilisent les étoffes qui sont précieuses.
Les tisserandes reçoivent des bijoux en récompense de leur ouvrage. Le dernier registre nous ramène à la livraison des étoffes. Deux serviteurs portent une longue malle sur l'épaule, de sa main libre, le second tient un sac contenant aussi des étoffes. Derrière, un employé serre sur sa poitrine un boîte, le suivant, une main sur l'épaule porte un coffret.
"fausse porte""fausse porte""fausse porte"
L'intérieur de la chapelle est exigu, le mur Ouest, face à l'entrée, est sculpté en forme de deux grandes portes. Ces "fausses portes" magiques servent de passage à l'âme du mort, qui navigue pendant la journée sur les lieux de son choix, et s'en vient prendre possession des repas apportés dans la chapelle par la famille ou ses émissaires, chargés du culte funéraire.
"fausse porte"Fausses portes.Fausses portes.
Les deux fausses porte sont encadrées de redans. Ces stèles que les égyptologues qualifient de "fausses portes" sont un passage du monde des morts à celui des vivants. Lieu principal du culte, elles sont étroitement liés au service des offrandes, déposées sur la table de pierre placée comme un seuil à leur pied.
Le mur est creusé de deux grandes niches peintes en jaune, évoquant une ouverture. Au sommet l'on reconnaît un rouleau analogue à celui de l'entrée. Puis vient une succession de quatre traverses horizontales que surmonte un panneau semblable à une fenêtre grillagée par sept barreaux. Autour de ces portes le décor des trois panneaux latéraux s'ordonne en un jeu complexe d'étroites rainures et de bandes verticales ornés de motifs peints. Ce décor est nommé par les égyptologues: "façade de palais".
Fausses portes.Fausses portes.
C'est autour de ces portes monumentales que s'organise tout le décor du mastaba. procession et animaux convergent vers elles tandis qu'à proximité sont figurées les scènes en rapport avec le culte funéraire: liste d'offrandes, abattage du bétail, toutes représentations étroitement associées aux rites accomplis devant la fausse porte.
La table d'offrande d'Akhethepettable d'offrandes
La table d'offrande d'Akhethepet, taillée dans un monolithe de granit rose, n'a pas été exposée à son emplacement d'origine. Sa très grande taille interdirait au visiteur d'aller plus avant dans le mastaba. De forme rectangulaire, elle porte sculpté en fort relief, l'hiéroglyphe exprimant l'offrande: un pain placé sur une natte roulée et les éléments essentiels au culte: une auge pour l'eau, une grande assiette et l'image en plan d'une aiguière à bec reposant dans un bassin circulaire. Tout autour, des vases, également figurés en plan, se réduisent à des cercles concentriques. Mais l'une des tranches de la table les montre de profil, nous révélant leur forme cylindrique et le support de terre cuite qui les soutient.